Shamane

« Chaque patient est différent ; chaque vie est unique, toutes sont extraordinaires ! »

Descendant d’une imposante lignée de psychanalystes illustres, François Urubès le savait fort bien…

Au moins aussi bien que son grand-père, l’honorable docteur Urùbes-Lima, formé par Freud à Vienne, et dont le cabinet londonien jouxtait ceux de Ferenczi et d’Alice Miller. Et que son père, Juan-Carlos, rendu célèbre par ses conférences sur la « réalisation fantasmatique des vies antérieures pendant la cure analytique », à Buenos Aires, New York ou Sydney. Cependant, ni les immenses savoirs accumulés, ni les convictions les plus ancrées ne purent atténuer le choc qu’il éprouva face à Carole.

Aussitôt que la jeune femme eut pénétré dans son cabinet, François se retrouva, malgré lui, comme celui qui, ayant consacré toute sa vie à l’étude des tremblements de terre, se verrait soudain sous les décombres. Sans sismographe…

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François, qui ne pouvait détacher son regard de sa nouvelle patiente, tentait tant bien que mal de contrôler la situation. « C’est une simple patiente. C’est une jeune femme séduisante ! Elle m’a été adressée par un confrère. C’est une jeune femme très séduisante ! C’est, désormais, ma patiente. C’est une jeune femme extrêmement séduisante ! »

Mais rien ne put empêcher les cloisons de son esprit de voler en éclats, dynamitées par une série ininterrompue d’explosions muettes. Premièrement, il sentit son plexus solaire céder, ensuite, sa gorge se dilater et ses joues s’empourprer. Enfin, ses yeux s’emplirent de larmes. « Magique, elle est magique ! »

Carole était mieux et beaucoup plus que cela. Excentrique, exotique, extatique. Exubérante. Exténuante. Extravagante et exaltante. Si extraordinaire et si brillante. Si émouvante…

François s’effondra littéralement sous son charme vertigineux. Sans opposer de résistance. De façon définitive et primitive. Involontaire et irrémédiable. Subjugué, tant la grâce ineffable et la beauté étincelante de Carole prirent possession de son pauvre cœur d’homme.

Il y avait le visage de Carole, hiératique et métissé, ses yeux rieurs et ses cheveux défaits. Son front idéal et ses sourcils arqués. Il y avait sa bouche, splendide et irisée lorsqu’elle riait à gorge déployée ou bien en silence, et encore aux éclats, et aussi lorsqu’elle riait tout doucement.

Il aimait ses larges robes sans manches, virevoltantes et colorées. Il chérissait ses mains sensibles et la vieille bague en argent qui ornait son majeur gauche, un double serpent serti de trois énormes pierres, taillées à l’ancienne. Il adorait la teinte de sa peau, comme poudrée de vieil or, et la roue énigmatique tatouée sur son épaule droite. Il affectionnait même son grand collier bizarre, aux innombrables figurines artistement ciselées, d’un réalisme stupéfiant.

De leur première séance d’analyse, François ne retint qu’une seule phrase, presque grandiloquente, mais qui fut prononcée avec une absolue sincérité et un grand naturel. La tête légèrement penchée en arrière, de sa voix mélodieuse et grave, le regard trouble et le sourire aux lèvres, Carole lui avait déclaré dans un souffle :

« Dans mes veines, coule le sang de sept mères. »

François acquiesça en silence, l’encourageant à poursuivre.

« L’une de mes aïeules était Indienne et mon arrière-grand-mère paternelle, Yéménite. J’ai du sang juif, et aussi du sang inca. J’ai des ancêtres espagnols et corses. Je suis née en Ukraine. Il y a très longtemps, j’ai vécu en Grèce, sur l’île de Lesbos, où j’ai été initiée, pour la première fois vers l’an 600 avant J.C., par Pythagore, à la géométrie sacrée et aux clés de la Kabbale. Ma grande sœur est une Atlante. »

François en fut abasourdi. Et tomba amoureux pour la vie. Il annula ses autres rendez-vous de la journée et resta dans le vague, un sourire beat sur les lèvres, pendant un temps qui lui parut infini.

Lors des séances suivantes, il essaya de redevenir un professionnel de l’âme humaine, et tenta de remettre un peu d’ordre dans ses idées, sinon dans ses émotions. Ainsi, il décida de classer les propos de Carole, et d’organiser ses propres notes selon trois thèmes :

1. Carole me raconte sa vie (je devrais dire « ses vies ») ;

2. Elle évoque ses pouvoirs et me fait part de ses « expériences » ;

3. Carole s’adresse directement à moi !

Au cours des cinq séances qui suivirent, François put ainsi progressivement reconstituer la vie mouvementée de sa nouvelle patiente.

Celle-ci était née dans une bourgade perdue d’Ukraine. Elevée par sa mère, une rebouteuse connue jusqu’à Kiev, l’enfant avait appris très tôt à distinguer les herbes miraculeuses des plantes inoffensives, ou vénéneuses. A cinq ans, elle pouvait soulager une jument qui peinait à mettre bas mais savait aussi qu’en déposant une charge d’éléments végétaux dûment préparés sous le seuil d’une étable il était possible d’empoisonner les animaux qui s’y trouvaient. Bien entendu, si l’on voulait empêcher une vache de manger, il fallait plus de courage, puisque l’on devait, dans ce cas, lui frotter la langue avec un oignon cru. En revanche, pour gonfler les bêtes et faire croire à leur grossesse, il suffisait de leur donner un mélange à base de graines d’euphorbe et de semence de fourmi.

Dans le même ordre d’idées, une préparation à base d’anémones sylvestres ferait dormir les animaux, alors qu’avec la belladone ils se mettraient à danser. Elle pouvait calmer instantanément les douleurs des chiens blessés au combat et passait ses journées dans la forêt. A cueillir le gui et la verveine pieds nus, puisque ces deux plantes sont sacrées. A ramasser la digitale et la belladone en marchant à reculons pour déjouer leur influence néfaste. A utiliser un chien pour arracher les racines des mandragores, et à tracer un cercle autour de la plante pour éviter que ne s’échappe l’esprit végétal. A préparer les philtres secrets que lui commandait sa mère.

A seize ans, des villageois ivres faillirent la noyer, pour voir, disaient-ils « si elle savait aussi marcher sur l’eau ». Carole s’échappa à la nage et, au terme d’un périple qui dura près d’une semaine, réussit à rejoindre Moscou. Elle ne possédait plus qu’une vieille bague et un collier insolite, que sa mère lui avait confiés un an plutôt, juste avant de mourir.

Repérée dans la rue alors qu’elle mendiait devant un cinéma du centre-ville, Carole se vit proposer un voyage tous frais payés pour la France, à condition d’accepter un bout d’essai et une séance photo pour la célèbre Agence Elite.

A Paris, la jeune fille venue de l’Est rejoignit assez rapidement la cohorte des « intermittents du mannequinat » ; elle gagnait malgré tout suffisamment pour s’installer dans un petit appartement proche de la place des Abbesses, à Montmartre.

Elle avait du temps libre à foison et l’employait surtout pour lire et pour écouter de la musique. Carole marchait aussi beaucoup. Elle rencontra des peintres conceptuels par dizaines, quantité de kinésithérapeutes illuminés, plusieurs musiciens qui n’avaient pas encore percé, ainsi qu’un bon nombre de voyants inspirés.

Un automne, au Salon Zen de la Rentrée, Carole découvrit, sous des dehors commerciaux, un univers familier. Ainsi, on lui parla d’Osho et des massages tantriques, des montées de Kundalini et des maîtres Reïki. Elle découvrit le rebirth, le shamanisme, Carlos Castaneda et les champignons hallucinogènes.

Elle y croisa des Atlantes et des sophrologues caycédiens. Elle expérimenta le massage ayurvédique, le Qi Qong et l’acuponcture vaudou.

Elle commença à voyager et se rendit en Grèce, en Allemagne et à Jérusalem, où on lui proposa une thérapie, pour renaître après avoir traversé un long tunnel, fait d’hommes et de femmes recouverts de draps multicolores. En Inde, elle passa plusieurs mois dans le centre de méditation d’Osho, à Poona…

IMG_0660Maintenant, Carole était là, dans le cabinet cossu de François, à lui parler, sans répit : d’elle et de ses pouvoirs, de lui et d’eux, ensemble, réunis.

Au fil des séances, Carole détailla ses capacités védiques, spirituelles, énergétiques, au travers d’un jeu fort simple mais extrêmement puissant, le « Qui es-tu ? ». François devait poser cette question à Carole au moins trois fois à chacune de leurs rencontres et celle-ci s’était engagée à lui répondre sans tergiverser. Pleinement. Et sincèrement. Totalement. Et définitivement.

– Qui es-tu ? Carole, qui es-tu ?

– Je suis celle qui peut quitter son corps à volonté et traverser mille plaines et mille forêts, pour devenir, au-delà des rivières et des nuages, une tigresse capable de déchiqueter avec délice l’incomparable antilope.

– Carole, qui es-tu ?

– Je suis celle qui crée l’obscurité en récitant sans cesse le mantra « NON ». Celle qui crie, qui hurle, qui jure et qui mord. Je suis celle qui refuse ; celle qui se souvient des souffrances du passé. Je suis la négativité.

– Qui es-tu ?

– Je suis celle qui ne regrette rien ; celle qui n’a aucune crainte. Je suis celle qui jouit du présent. Je suis celle qui dit « OUI ». Je suis la fille prodigue. Prodigue de son amour. Pour ses amis et pour les inconnus. Je suis celle qui aime les arbres et les pierres. Je suis celle qui peut moins et ressent plus. Je suis celle qui voit le mensonge et qui dit la vérité. Je suis la louve, je suis ses petits et je suis la forêt. Je suis l’hiver. Je suis la grêle, le vent, le feu et l’arc-en-ciel.

– Qui es-tu ?

– Je suis celle qui est là. Celle qui se trouve devant toi. Je suis celle qui t’aime et qui t’aimera. Je suis celle qui t’emportera vers l’au-delà. Je suis celle qui fabrique des philtres d’amour. Un philtre prodigieux pour nous rendre inséparables, un philtre ténébreux qui te liera à moi pour toujours.

Séance après séance, Carole distillait sa vérité, enveloppant peu à peu François dans le parfum baroque de ses multiples personnalités. Elle dégageait une sensualité mythique qui le sidérait, alors qu’il l’écoutait halluciné lui proposer qu’ils aillent ensemble au-delà de tout ce qu’un être vivant pouvait désirer. Il écoutait ses paroles, pantelant. Fasciné.

« François, si tu regardes longtemps une fleur, peu à peu tu deviendras cette fleur. Emplis-toi de mon parfum, sens, aspire et absorbe ma sève poignante et nacrée.

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Le but de la philosophie, c’est d’un peu moins regretter le passé, de craindre moins l’avenir et d’aimer plus le présent. Regarde-moi, François, regarde-moi. La tête a peur, François, le cœur est courageux. Pense à moi avec ton cœur.

De l’autre bout de l’arc-en-ciel qui nous unit, reçois cette onde d’amour et d’énergie.

François, je peux caresser un par un tous les méridiens qui traversent ton corps astral, pour te faire éprouver la vibration suprême et remplir ton cœur de clarté.

Je peux harmoniser ton corps et ton esprit à volonté, grâce à un massage d’une douceur incomparable et d’une lenteur infinie. Je peux te faire redevenir l’homme, la femme, l’animal ou la fleur que tu n’es plus.

Je peux toucher tes plans physique, énergétique et spirituel, en murmurant à ton oreille des formules consacrées de moi seule connues. Si tu t’allonges près de moi, je serai ta femme phallique, habillée de peaux de bêtes et pleine de sang. Mon étreinte sera si terrifiante que tu pourras découvrir l’extase ultime des pendus.

Je sais comment te faire connaître les noces alchimiques, pour que tu puisses, enfin, t’unir à toi-même.

Je peux faire s’évaporer mille Soleils et donner à la Lune la couleur de mes yeux. Je serai l’énergie et toi le canal. Je serai le vin sacré et toi, le Saint-Graal.

François, je peux tomber à tes pieds comme la pluie, me déverser sur toi comme une fontaine de lumière. Je peux t’amener au fond de toi, où tu pourras pleurer tes peines d’homme.

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Avec moi, tu pourras réparer le passé et vivre dans plusieurs mondes à la fois. Je ferai de toi un pylône indestructible reliant le centre de la Terre à l’étoile Polaire.

Je peux ouvrir ton plexus d’un seul geste et déposer des baisers brûlants sur ton foie pour apaiser à jamais ta colère. Je peux te réapprendre à voler, si tu me laisses toucher tes ailes.

François, mon bien-aimé, je sais réaliser un philtre qui nous rendra inséparables et t’attachera à moi pour toujours.

Je peux danser debout sur tes paupières et te donner la forme de mes mains.

Je t’amènerai en Atlantide, pour que tu puisses retrouver tes ancêtres. Je serai la fille aux mains coupées et tu pourras embrasser mon corps subtil jusqu’à faire de moi une femme ogive.

François, être intelligent, c’est fonctionner sans conclusion. La vie n’est pas un problème, François. N’essaie pas de la comprendre. Vis-là ! L’amour n’est pas un problème, François. Découvre-le ! Avec moi. Alors tu sauras. Etudier l’amour, c’est comme étudier l’Himalaya avec une carte. Mais la carte n’est pas la montagne. Si tu veux faire l’expérience du mystérieux, je peux te montrer l’autre porte. Le voyage sera long. Tu devras traverser tes doutes. Mais je me tiendrai en face de toi à l’autre bout.

Aies confiance, François. Si tu fais confiance, un jour tu pourras être riche, même en étant mendiant.

J’ai remarqué au cours de mes nombreux voyages que les gens marquaient leur nom sur les bancs des squares, sur les arbres et même dans les toilettes publiques. Si tu le veux, François, tu pourras graver ton nom sur ma peau et même au cœur du cœur de mon cœur, du cœur de mon cœur, de mon cœur…

Que peux-tu gagner dans le monde ? Que peux-tu emporter avec toi ? Ton nom, ton prestige, ta responsabilité ? Ton argent, ton pouvoir, quoi ? Ton érudition ? Tu ne pourras rien emporter. Mais, si tu le veux vraiment, tu pourras rester près de moi. Pour toujours. Je serai ton double d’énergie et ta sœur subtile, ton amante sauvage. Rien que pour toi. Si tu me fais confiance.

Quand tu traverses la frontière du connu parce que tu ne sais plus ce qu’il faut faire et ne pas faire, tu n’es plus sûr de toi. Tu peux faire des erreurs. Tu peux t’égarer.

Sauf si tu t’accroches à mon cou. Sauf si tu me fais confiance. La vie ne peut être vécue que dangereusement, c’est-à-dire avec le cœur, non avec l’intelligence.

François, tu n’es pas une île. Tu as peut-être oublié l’au-delà, mais l’au-delà ne t’a pas oublié. Avec moi, tu seras tous les continents et tous les océans, tu seras l’Univers tout entier. Tu seras aussi la goutte de rosée et tu seras frais et jeune pour l’éternité et pour le jour d’après. Avec moi, tu connaîtras la résurrection sans la souffrance qui la précède. Si tu m’aimes profondément, tu oublieras tes peurs. L’obscurité disparaîtra et tu pourras t’épanouir comme l’arc-en-ciel après la pluie. Par les nuits de tempête, je t’amènerai au fond de la grotte, pour qu’étendus sur des peaux d’ours nous nous consumions ensemble en hurlant, ensemble en chuchotant, en pleurant, en riant, comme le feu éternel. »

L’attirance de François pour Carole mêlait l’amour idéal à la fascination pour le mystère de la vie et au désir charnel. Une tension bientôt insoutenable prit possession du jeune homme, au point qu’au terme de la sixième séance François dit à Carole d’une voix émue et solennelle :

« Carole, ma chère, très chère Carole, je crois que je suis prêt. Jeudi prochain nous avons rendez-vous à 19h45 et je n’ai pas d’autre patient après toi. Amène tout ce qu’il te faut, et j’essaierai le philtre d’amour. Je crois en toi, ne l’oublie pas. A jeudi prochain, donc. »

Ce jour-là, il pleuvait à verse et des éclairs zébraient le ciel.

Carole portait la même robe multicolore que lorsqu’ils s’étaient rencontrés pour la première fois. Sa bague en argent massif ornait toujours son majeur gauche et sa poitrine exposait fièrement son collier pharamineux. Elle portait son parfum fétiche, Patchouli de Réminiscence et, sur son épaule droite, son tatouage semblait palpiter. Carole riait à tout bout de champ et paraissait très détendue. François, quant à lui, se sentait extrêmement troublé. L’atmosphère était électrique, mais François était prêt à se soumettre aux épreuves que voudrait bien lui imposer sa fantasque patiente. Celle-ci sortit de son sac à main une bouteille de champagne Demoiselle et lui dit :

« Mets-la au frais, François, c’est le philtre que nous partagerons à la fin de la séance. »

Deux heures plus tard, François ramena la bouteille et deux fines coupes en cristal de Bohème. Ce fut Carole qui les remplit ; prenant une grande inspiration, elle fit résonner sa voix, redevenue soudain plus grave :

« François, je salue et j’honore l’homme et le dieu en toi. »

L’imitant, François improvisa :

« Carole, je respecte et je salue la femme et la déesse en toi. »

Puis, ils se regardèrent avec intensité, firent cliqueter les verres, burent enfin. Presqu’aussitôt, François dut s’asseoir.

Ensuite, tout alla très vite. François s’immobilisa, les yeux ouverts, un léger sourire aux lèvres. Carole vint derrière lui et, passant ses bras sous les aisselles de l’homme, le souleva sans effort. Avec mille précautions, elle l’amena au centre de la pièce où, lentement, elle l’allongea sur le tapis. Puis, la jeune femme éteignit la lumière, enleva sa robe et, nue, alla s’asseoir près de la tête de François. Elle ne portait plus que sa bague et, autour du cou, son étrange collier. Ses longs cheveux défaits frôlant le visage de François, Carole murmurait une douce mélopée. Puis, le corps de la jeune femme se mit à trembler. Des secousses puissantes l’animèrent longtemps, très longtemps.

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Il devait être près de minuit et la lune baignait la pièce d’une lumière rousse argentée, lorsque, revenant à elle, Carole claqua des doigts une fois, et une autre fois encore.

Ensuite, très calmement, elle se leva et ralluma.

Revenant au centre de la pièce, d’où le corps de François avait disparu, elle s’agenouilla pour ramasser, sur le tapis, une figurine si expressive qu’elle paraissait vivante. Carole tira une longue épingle à cheveux de son sac et, tenant François entre son pouce et son index gauches, entreprit de le transpercer de part en part, juste à l’endroit où la clavicule se termine. Une minuscule goutte de sang tomba sur le bureau. Carole se pencha pour la faire disparaître d’un bref coup de langue. Elle retira son collier, dont elle avait ouvert le fermoir avec soin. Puis, elle enfila d’une main très sûre la figurine sur la lourde chaîne en or, où François alla rejoindre vingt-deux autres amulettes, qui semblaient l’y avoir attendu.

Carole remit son collier, puis sa robe qu’elle rajusta avec soin, éteignit de nouveau avant de quitter le cabinet, en fermant la porte derrière elle sans bruit.

Une heure plus tard, Carole était chez elle, confortablement installée dans un large fauteuil, un ordinateur portable sur ses genoux. Exactement comme trois mois plus tôt, veille de sa première rencontre avec François. La recherche qu’elle venait de lancer avec son moteur favori ne comportait, cette fois encore, qu’un seul mot : Avocat.

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