La « dépression COVID », maladie professionnelle des télétravailleurs ?!

Avant la pandémie COVID 

Il aura fallu près d’un siècle à la médecine du travail pour reconnaître une affection psychologique comme maladie professionnelle. Il s’agissait en l’occurrence de la névrose dite « des téléphonistes ». En effet, classiquement, seuls des troubles clairement physiques pouvaient accéder à ce statut plus protecteur pour ceux qui en étaient atteints.

Alors, aujourd’hui, posons-nous la question : en ce début 2021, cette même réticence, voire méfiance, ne risque-t-elle pas de concerner ce qu’il convient d’appeler – au moins provisoirement et un peu… faute de mieux – la « dépression COVID » ou encore la « dépression confinement ».

Cette question mérite d’être posée ! Parce que, vu le nombre de personnes potentiellement concernées, l’enjeu est important, et parce que la « dépression COVID » ou la « dépression confinement » ne sont pas encore des réalités bien installées dans la conscience collective de nos sociétés.

Aussi, pour tenter d’y voir plus clair, procéderons-nous par étapes, en répondant à deux questions simples.

1. Est-ce que la « dépression COVID » ou la « dépression confinement » est une maladie bien réelle ?

2. Est-ce que la « dépression COVID » ou la « dépression confinement » pourrait relever des maladies professionnelles ?

La dépression COVID comme maladie

Commençons par rappeler que, désormais,  la « dépression confinement » fait l’objet d’innombrables témoignages, que nous devons, aussi bien, à de simples citoyens qu’à des médecins, même si, vers la mi-2020, les médias se tuaient à nous « expliquer » qu’il ne faudrait pas confondre « déprime » et « dépression »…

Mais, vous me direz, est-ce qu’un consensus est-il suffisant pour qu’une réalité soit « vraie » ? Autrement dit, est-ce qu’avant Copernic le Soleil tournait-il autour de la Terre ? Est-ce qu’Ulysse et ses marins ont-ils réellement entendu le chant des sirènes ?

Ce qui est sûr, c’est que ces deux croyances, et tant d’autres, invalidées plus tard pas la science, ont – en leur temps – produit des effets bien réels !

Mais, pour être tout à fait certains que la dépression de confinement existe, voyons les principaux symptômes physiques d’une dépression classique :

  • fatigue ;
  • manque d’énergie ou grande agitation ;
  • problèmes de sommeil : la personne dort trop ou pas assez ;
  • diminution ou augmentation de l’appétit, pouvant causer une perte ou un gain de poids ;
  • diminution ou perte d’intérêt sexuel ;
  • apparition de malaises tels que des maux de tête, des douleurs au dos ou à l’estomac.

Point n’est besoin d’aller plus loin ! 80% d’entre nous ont éprouvé ces symptômes en 2020. Et ils étaient liés à la pandémie COVID.

Bien entendu, cela ne veut absolument pas dire que 50 000 000 de Français souffrent de dépression ! Ni la COVID, ni le confinement ne seraient « capables » de nous faire cela…  Il faut, en effet, pour qu’une personne souffre de dépression, qu’elle ait au moins trois de ces symptômes, pendant au moins trois mois.

En revanche, cela veut dire à coup sûr, que la dépression COVID n’est pas une invention, que la dépression de confinement existe bel et bien !

La dépression de confinement comme maladie pro

Depuis 2020, le travail a changé massivement, en tout cas pour une part importante de ceux que l’on pourrait appeler les « professions intellectuelles ». Le télétravail et le confinement ont fait bon ménage, si l’on peut dire, en tout cas, de plus en plus de personnes ont travaillé chez elles, dans des conditions parfois difficiles : manque d’espace, manque de matériel, présence des enfants…

Mais, est-ce que le domicile d’un télétravailleur (qui souvent ne l’est pas à 100%) peut être considéré comme un lieu de travail, au sens juridique du terme, avec tous les effets que cela implique ?

Pour le moment, rien n’est moins sûr car, étant donné les conséquences financières de cette définition élargie du lieu de travail, les oppositions de classe seront farouches, surtout en France : quand vous n’êtes pas au Bureau, on vous soupçonne de tirer au flanc. Alors, tomber malade en soi-disant télétravailler, vous n’y pensez pas !  

Pourtant, continuer de travailler – depuis son espace familial intime, et ce malgré la COVID, malgré le confinement, malgré l’isolement, malgré le couvre-feu, les autorisations de déplacement, les interdictions de voyage… est iatrogène, est source de dépression, de névroses, que l’on peut qualifier de Nouvelles Maladies Professionnelles (NMP).

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